đŠ La Mort N Est Rien Charles PĂ©guy
Lamort n'est rien . Je suis simplement passĂ© dans la piĂšce Ă cĂŽtĂ©. Je suis moi, tu es toi. Ce que nous Ă©tions lâun pour lâautre, nous le sommes toujours. Donne-moi le nom que tu mâas toujours donnĂ©. Parle-moi comme tu lâas toujours fait. Nâemploie pas de ton diffĂ©rent, ne prends pas un air solennel ou triste.
Untemps balayé des références culturelles, Charles Péguy revient, plus actuel que jamais. Cent ans aprÚs sa disparition, ses mots résonnent encore avec une justesse déconcertante. Sur la
Unjuge habituĂ© est un juge mort pour la justice. Charles PĂ©guy. 0 Points J'aime Je n'aime pas. Plus + Ma Collection; Ajouter aux favoris; Ajouter Ă la collection ; Partager Pinterest Twitter. dans Bon, Chaque, Elle, Justice, Seulement, Toujours, â Citations â. Une revue nâest vivante que si elle mĂ©conten. Une revue nâest vivante que si elle mĂ©contente chaque fois un bon
Lectureen 2 min. Charles PĂ©guy, Ă©crivain mort au front, au tout dĂ©but de la PremiĂšre Guerre mondiale. AFP. Il est lâun des Ă©crivains les plus connus et
CharlesPierre PĂ©guy, nĂ© le 7 janvier 1873 Ă OrlĂ©ans et mort pour la France le 5 septembre 1914 Ă Villeroy, est un Ă©crivain, poĂšte, essayiste et officier de rĂ©serve français. Il est Ă©galement connu sous les noms de plume de Pierre Deloire et Pierre Baudouin. Poemes Charles PĂ©guy - DĂ©couvrez les Ćuvres poĂ©tiques de Charles PĂ©guy
LarĂ©pĂ©tition chez PĂ©guy nâest pas une figure de style, au sens oĂč il ne cherche pas Ă produire un effet. Elle est plutĂŽt comme un essai, de nature artisanale. Jâessaie un mot, puis un autre, que je place dans le mĂȘme contexte. RĂ©pĂ©tition, variation. Confrontation Ă un art poĂ©tique. Voici le premier vers de quatre strophes successives de la PrĂ©sentation de la Beauce. « Nous
Ne rien refuser, toujours ajouter", cette phrase de Charles PĂ©guy peut ĂȘtre le point de dĂ©part pour entrer en amitiĂ© avec cet Ă©crivain dont nous fĂȘtons le centenaire de la mort au front, sous les couleurs de la France. Charles PĂ©guy naĂźt en 1873 Ă Villeroy. Fils d'humbles travailleurs, il perd son pĂšre alors qu'il est encore bĂ©bĂ©
Unhomme libre « PĂ©guy est mort avant dâĂȘtre cĂ©lĂšbre », rappelle encore Claire Daudin ( Ćuvres poĂ©tiques et dramatiques, Charles PĂ©guy, sous la direction de Claire Daudin, La PlĂ©iade/Gallimard, sortie le 18 septembre 2014, 1 888 p. ; 67,50 âŹ.) Son passage Ă la postĂ©ritĂ© a connu, dâailleurs, des hauts et des bas.
Lafille et le fils du dĂ©funt ont lu le poĂšme de Charles PĂ©guy, « La mort nâest rien », avant que le maire de Pau François Bayrou ne retrace la vie de
4jOUH. L'amour ne disparaĂźt pas de Charles PĂ©guy La mort n'est rien je suis seulement dans la piĂšce d'Ă cĂŽtĂ© Je suis moi, vous ĂȘtes vous Ce que j'Ă©tais pour vous, je le resterai toujours Donnez moi le prĂ©nom que vous m'avez toujours donnĂ© Parlez moi comme vous l'avez toujours fait N'employez pas un ton diffĂ©rent Ne prenez pas un ton solennel ou triste Continuez Ă rire de ce qui nous faisait rire ensemble Priez, souriez, pensez Ă moi Que mon prĂ©nom soit prononcĂ© Ă la maison Comme il l'a toujours Ă©tĂ© Sans emphase d'aucune sorte, sans trace d'ombre ! La vie signifie ce qu'elle a toujours signifiĂ© Elle est toujours ce qu'elle a Ă©tĂ© Le fil n'est pas coupĂ© Pourquoi serais-je hors de votre pensĂ©e Simplement parce que je suis hors de votre vue ? Je vous attends Je ne suis pas loin, Juste de l'autre cĂŽtĂ©...
Un poĂšme d'actualitĂ©.....Version longue car elle est relativement confidentielle. Ătoile de la mer voici la lourde nappeEt la profonde houle et lâocĂ©an des blĂ©sEt la mouvante Ă©cume et nos greniers comblĂ©s,Voici votre regard sur cette immense chape Et voici votre voix sur cette lourde plaineEt nos amis absents et nos cĆurs dĂ©peuplĂ©s,Voici le long de nous nos poings dĂ©sassemblĂ©sEt notre lassitude et notre force pleine. Ătoile du matin, inaccessible reine,Voici que nous marchons vers votre illustre cour,Et voici le plateau de notre pauvre amour,Et voici lâocĂ©an de notre immense peine. Un sanglot rĂŽde et court par-delĂ lâ peine quelques toits font comme un vieux clocher retombe une sorte dâ Ă©glise semble une basse maison. Ainsi nous naviguons vers votre loin en loin surnage un chapelet de meules,Rondes comme des tours, opulentes et seulesComme un rang de chĂąteaux sur la barque amirale. Deux mille ans de labeur ont fait de cette terreUn rĂ©servoir sans fin pour les Ăąges ans de votre grĂące on fait de ces travauxUn reposoir sans fin pour lâĂąme solitaire. Vous nous voyez marcher sur cette route droite,Tout poudreux, tout crottĂ©s, la pluie entre les ce large Ă©ventail ouvert Ă tous les ventsLa route nationale est notre porte Ă©troite. Nous allons devant nous, les mains le long des poches,Sans aucun appareil, sans fatras, sans discours,Dâun pas toujours Ă©gal, sans hĂąte ni recours,Des champs les plus prĂ©sents vers les champs les plus proches. Vous nous voyez marcher, nous sommes la nâavançons jamais que dâun pas Ă la vingt siĂšcles de peuple et vingt siĂšcles de rois,Et toute leur sĂ©quelle et toute leur volaille Et leurs chapeaux Ă plume avec leur valetailleOnt appris ce que câest que dâĂȘtre familiers,Et comme on peut marcher, les pieds dans ses souliers,Vers un dernier carrĂ© le soir dâune bataille. Nous sommes nĂ©s pour vous au bord de ce plateau,Dans le recourbement de notre blonde Loire,Et ce fleuve de sable et ce fleuve de gloireNâest lĂ que pour baiser votre auguste manteau. Nous sommes nĂ©s au bord de ce vaste plateau,Dans lâantique OrlĂ©ans sĂ©vĂšre et sĂ©rieuse,Et la Loire coulante et souvent limoneuseNâest lĂ que pour laver les pieds de ce coteau. Nous sommes nĂ©s au bord de votre plate BeauceEt nous avons connu dĂšs nos plus jeunes ansLe portail de la ferme et les durs paysansEt lâenclos dans le bourg et la bĂȘche et la fosse. Nous sommes nĂ©s au bord de votre Beauce plateEt nous avons connu dĂšs nos premiers regretsCe que peut receler de dĂ©sespoirs secretsUn soleil qui descend dans un ciel Ă©carlate Et qui se couche au ras dâun sol inĂ©vitableDur comme une justice, Ă©gal comme une barre,Juste comme une loi, fermĂ© comme une mare,Ouvert comme un beau socle et plan comme une table. Un homme de chez nous, de la glĂšbe fĂ©condeA fait jaillir ici dâun seul enlĂšvement,Et dâune seule source et dâun seul portement,Vers votre assomption la flĂšche unique au monde. Tour de David voici votre tour lâĂ©pi le plus dur qui soit jamais montĂ©Vers un ciel de clĂ©mence et de sĂ©rĂ©nitĂ©,Et le plus beau fleuron dedans votre couronne. Un homme de chez nous a fait ici jaillir,Depuis le ras du sol jusquâau pied de la croix,Plus haut que tous les saints, plus haut que tous les rois,La flĂšche irrĂ©prochable et qui ne peut faillir. Câest la gerbe et le blĂ© qui ne pĂ©rira point,Qui ne fanera point au soleil de septembre,Qui ne gĂšlera point aux rigueurs de dĂ©cembre,Câest votre serviteur et câest votre tĂ©moin. Câest la tige et le blĂ© qui ne pourrira pas,Qui ne flĂ©trira point aux ardeurs de lâĂ©tĂ©,Qui ne moisira point dans un hiver gĂątĂ©,Qui ne transira point dans le commun trĂ©pas. Câest la pierre sans tache et la pierre sans faute,La plus haute oraison quâon ait jamais portĂ©e,La plus droite raison quâon ait jamais jetĂ©e,Et vers un ciel sans bord la ligne la plus haute. Celle qui ne mourra le jour dâaucunes morts,Le gage et le portrait de nos arrachements,Lâimage et le tracĂ© de nos redressements,La laine et le fuseau des plus modestes sorts. Nous arrivons vers vous du lointain avons pour trois jours quittĂ© notre boutique,Et lâarchĂ©ologie avec la sĂ©mantique,Et la maigre Sorbonne et ses pauvres petits. Dâautres viendront vers vous du lointain avons pour trois jours laissĂ© notre nĂ©goce,Et la rumeur gĂ©ante et la ville colosse, Dâautres viendront vers vous du lointain CambrĂ©sis. Nous arrivons vers vous de Paris lĂ que nous avons notre gouvernement,Et notre temps perdu dans le lanternement,Et notre libertĂ© dĂ©cevante et totale. Nous arrivons vers vous de lâautre Notre-Dame,De celle qui sâĂ©lĂšve au cĆur de la citĂ©,Dans sa royale robe et dans sa majestĂ©,Dans sa magnificence et sa justesse dâĂąme. Comme vous commandez un ocĂ©an dâĂ©pis,LĂ -bas vous commandez un ocĂ©an de tĂȘtes,Et la moisson des deuils et la moisson des fĂȘtesSe couche chaque soir devant votre parvis. Nous arrivons vers vous du noble un commencement de Beauce Ă notre usage,Des fermes et des champs taillĂ©s Ă votre image,Mais coupĂ©s plus souvent par des rideaux de bois, Et coupĂ©s plus souvent par de creuses vallĂ©esPour lâYvette et la BiĂšvre et leurs accroissements,Et leurs savants dĂ©tours et leurs dĂ©gagements,Et par les beaux chĂąteaux et les longues allĂ©es. Dâautres viendront vers vous du noble Vermandois,Et des vallonnements de bouleaux et de viendront vers vous des palais et des du pays picard et du vert VendĂŽmois. Mais câest toujours la France, ou petite ou plus grande,Le pays des beaux blĂ©s et des encadrements,Le pays de la grappe et des ruissellements,Le pays de genĂȘts, de bruyĂšre, de lande. Nous arrivons vers vous du lointain PalaiseauEt des faubourgs dâOrsay par Gometz-le-ChĂątel,Autrement dit Saint-Clair ; ce nâest pas un castel ;Câest un village au bord dâune route en biseau. Nous avons dĂ©bouchĂ©, montant de ce coteau,Sur le ras de la plaine et sur Gometz-la-VilleAu-dessus de Saint-Clair ; ce nâest pas une ville ;Câest un village au bord dâune route en plateau. Nous avons descendu la cĂŽte de avons rencontrĂ© trois ou quatre nous ont regardĂ©, non sans quelques alarmes,Consulter les poteaux aux coins des carrefours. Nous avons pu coucher dans le calme un gros bourg trĂšs riche et qui sent sa nous avons longĂ©, regardĂ©s comme un prince,Les fossĂ©s du chĂąteau coupĂ©s comme un redan. Dans la maison amie, hĂŽtesse et fraternelleOn nous a fait coucher dans le lit du ans de souvenirs Ă©taient notre pain nous fut coupĂ© dâune main maternelle. Toute notre jeunesse Ă©tait lĂ prononça pour nous le siĂšcles dâhonneur et de fidĂ©litĂ©Faisaient des draps du lit une couche Ă©ternelle. Nous avons fait semblant dâĂȘtre un gai pĂšlerinEt mĂȘme un bon vivant et dâaimer les voyages,Et dâavoir parcouru cent trente-et-un bailliages,Et dâĂȘtre accoutumĂ©s dâĂȘtre sur le chemin. La clartĂ© de la lampe Ă©blouissait la nous fit visiter le jardin donnait sur la treille et sur un beau fut le premier gĂźte et la tĂȘte dâĂ©tape. Le jardin Ă©tait clos dans un coude de lâ la droite il donnait sur un mur bocagerSurmontĂ© de rameaux et dâun arceau face un marĂ©chal, et lâenclume, et la forge. Nous nous sommes levĂ©s ce matin devant lâ nous sommes quittĂ©s aprĂšs les beaux temps sâannonçait bien. On nous a dit tant nous a fait goĂ»ter de quelque bĆuf en daube, Puisquâil est entendu que le bon pĂšlerinEst celui qui boit ferme et tient sa place Ă table,Et quâil nâa pas besoin de faire le comptable,Et que câest bien assez de se lever matin. Le jour Ă©tait en route et le soleil montaitQuand nous avons passĂ© Sainte-Mesme et les avancions dĂ©jĂ comme deux bons la gauche et la droite Ă©tait ce qui comptait. Nous sommes remontĂ©s par le GuĂ© de est fait dĂ©sormais de nos atermoiements,Et de lâiniquitĂ© des dĂ©nivellements Voici la juste plaine et le secret effroi De nous trouver tout seuls et voici le charroiEt la roue et les bĆufs et le joug et la grange,Et la poussiĂšre Ă©gale et lâĂ©quitable fangeEt la dĂ©tresse Ă©gale et lâĂ©gal dĂ©sarroi. Nous voici parvenus sur la haute terrasseOĂč rien ne cache plus lâhomme de devant Dieu,OĂč nul dĂ©guisement ni du temps ni du lieuNe pourra nous sauver, Seigneur, de votre chasse. Voici la gerbe immense et lâimmense liasse,Et le grain sous la meule et nos Ă©crasements,Et la grĂȘle javelle et nos renoncements,Et lâimmense horizon que le regard embrasse. Et notre indignitĂ© cette immuable masse,Et notre basse peur en un pareil moment,Et la juste terreur et le secret tourmentDe nous trouver tout seuls par devant votre face. Mais voici que câest vous, reine de majestĂ©,Comment avons-nous pu nous laisser dĂ©cevoir,Et marcher devant vous sans vous serons donc toujours ce peuple inconcertĂ©. Ce pays est plus ras que la plus rase peine un creux du sol, Ă peine un lĂ©ger la table du juge et le fait accompli,Et lâarrĂȘt sans appel et lâordre inĂ©luctable. Et câest le prononcĂ© du texte insurmontable,Et la mesure comble et câest le sort empli,Et câest la vie Ă©tale et lâhomme enseveli,Et câest le hĂ©raut dâarme et le sceau redoutable. Mais vous apparaissez, reine pointe lĂ -bas dans le moutonnementDes moissons et des bois et dans le flottementDe lâextrĂȘme horizon ce nâest point une yeuse, Ni le profil connu dâun arbre dĂ©jĂ plus distante, et plus basse, et plus haute,Ferme comme un espoir sur la derniĂšre cĂŽte,Sur le dernier coteau la flĂšche inimitable. Dâici vers vous, ĂŽ reine, il nâest plus que la nous regarde, on en a bien fait dâ avez votre gloire et nous avons les lâavons entamĂ©e, on la mangera toute. Nous savons ce que câest quâun tronçon qui sâajouteAu tronçon dĂ©jĂ fait et ce quâun kilomĂštreDemande de jarret et ce quâil faut en mettre Nous passerons ce soir par le pont et la voĂ»te Et ce fossĂ© profond qui cerne le marchons dans le vent coupĂ©s par les ici la contrĂ©e imprenable en photos,La route nue et grave allant de part en part. Nous avons eu bon vent de partir dĂšs le coucherons ce soir Ă deux pas de chez vous,Dans cette vieille auberge oĂč pour quarante sousNous dormirons tout prĂšs de votre illustre tour. Nous serons si fourbus que nous regarderons,Assis sur une chaise auprĂšs de la fenĂȘtre,Dans un Ă©crasement du corps et de tout lâĂȘtre,Avec des yeux battus, presque avec des yeux ronds, Et les sourcils haussĂ©s jusque dedans nos fronts,Lâangle une fois trouvĂ© par un seul homme au monde,Et lâunique montĂ©e ascendante et profonde,Et nous serons recrus et nous contemplerons. Voici lâaxe et la ligne et la gĂ©ante la dure pente et le lâexactitude et le la sĂ©vĂšre larme, ĂŽ reine de douleur. Voici la nuditĂ©, le reste est le vĂȘtement, tout le reste est la puretĂ©, tout le reste est la pauvretĂ©, le reste est ornement. Voici la seule force et le reste est lâarĂȘte unique et le reste est la seule noblesse et le reste est la seule grandeur et le reste est bassesse. Voici la seule foi qui ne soit point le seul Ă©lan qui sache un peu le seul instant qui vaille de le seul propos qui sâachĂšve et qui dure. Voici le monument, tout le reste est voici notre amour et notre notre port de tĂȘte et notre le rien de dentelle et lâexacte moulure. Voici le beau serment, le reste est lâunique prix de nos arrachements,Le salaire payĂ© de nos la vĂ©ritĂ©, le reste est imposture. Voici le firmament, le reste est vers le tribunal voici lâ vers le paradis voici lâ la feuille de pierre et lâexacte nervure. Nous resterons clouĂ©s sur la chaise de nous nâentendrons pas et nous ne verrons pasLe tumulte des voix, le tumulte des pas,Et dans la salle en bas lâinnocente ripaille. Ni les rouliers venus pour le jour du la feinte colĂšre et lâĂ©clat des jurons Car nous contemplerons et nous mĂ©diteronsDâun seul embrassement la flĂšche sans pĂ©chĂ©. Nous ne sentirons pas ni nos faces raidies,Ni la faim ni la soif ni nos renoncements,Ni nos raides genoux ni nos raisonnements,Ni dans nos pantalons nos jambes engourdies. Perdus dans cette chambre et parmi tant dâhĂŽtels,Nous ne descendrons pas Ă lâheure du repas,Et nous nâentendrons pas et nous ne verrons pasLa ville prosternĂ©e au pied de vos autels. Et quand se lĂšvera le soleil de demain,Nous nous rĂ©veillerons dans une aube lustrale,Ă lâombre des deux bras de votre cathĂ©drale,Heureux et malheureux et perclus du chemin. Nous venons vous prier pour ce pauvre garçonQui mourut comme un sot au cours de cette annĂ©e,Presque dans la semaine et devers la journĂ©eOĂč votre fils naquit dans la paille et le son. Ă Vierge, il nâĂ©tait pas le pire du nâavait quâun dĂ©faut dans sa jeune la mort qui nous piste et nous suit Ă la traceA passĂ© par ce trou quâil sâest fait dans la peau. Il Ă©tait nĂ© vers nous dans notre commençait la route oĂč nous gagnait tous les jours tout ce que nous pourtant câĂ©tait lui que tu te destinais, Ă mort qui fus vaincue en un premier avait mis ses pas dans nos mĂȘmes le seul manquement dâune seule des craintesLaissa passer la mort par un chemin nouveau. Le voici maintenant dedans votre ĂȘtes reine et mĂšre et saurez le un ĂȘtre pur. Vous le ferez rentrerDans votre patronage et dans votre indulgence. Ă reine qui lisez dans le secret du cĆur,Vous savez ce que câest que la vie ou la mort,Et vous savez ainsi dans quel secret du sortSe coud et se dĂ©coud la ruse du traqueur. Et vous savez ainsi sur quel accent du chĆurSe noue et se dĂ©noue un accompagnement,Et ce quâil faut dâespace et de dĂ©boisementPour laisser dĂ©bouler la meute du piqueur. Et vous savez ainsi dans quel recreux du portSe prĂ©pare et sâachĂšve un noble enlĂšvement,Et par quel jeu dâadresse et de gouvernementSe dĂ©robe ou se fixe un illustre support. Et vous savez ainsi sur quel tranchant du glaiveSe joue et se dĂ©joue un Ă©pouvantement,Et par quel coup de pouce et quel balancementLâun des plateaux descend pour que lâautre sâĂ©lĂšve. Et ce que peut coĂ»ter la lĂšvre du moqueur,Et ce quâil faut de force et de recroisementPour faire par le coup dâun seul retournementDâun vaincu malheureux un malheureux vainqueur. MĂšre le voici donc, il Ă©tait notre race,Et vingt ans aprĂšs nous notre recevez-le dans votre la mort a passĂ©, passera bien la grĂące. Nous, nous retournerons par ce mĂȘme sera de nouveau la terre sans cachette,Le chĂąteau sans un coin et sans une oubliette,Et ce sol mieux gravĂ© quâun parfait parchemin. Et nunc et in hora, nous vous prions pour nousQui sommes plus grands sots que ce pauvre gamin,Et sans doute moins purs et moins dans votre main,Et moins acheminĂ©s vers vos sacrĂ©s genoux. Quand nous aurons jouĂ© nos derniers personnages,Quand nous aurons posĂ© la cape et le manteau,Quand nous aurons jetĂ© le masque et le couteau,Veuillez vous rappeler nos longs pĂšlerinages. Quand nous retournerons en cette froide terre,Ainsi quâil fut prescrit pour le premier Adam,Reine de Saint-ChĂ©ron, Saint-Arnould et Dourdan,Veuillez vous rappeler ce chemin solitaire. Quand on nous aura mis dans une Ă©troite fosse,Quand on aura sur nous dit lâabsoute et la messe,Veuillez vous rappeler, reine de la promesse,Le long cheminement que nous faisons en Beauce. Quand nous aurons quittĂ© ce sac et cette corde,Quand nous aurons tremblĂ© nos derniers tremblements,Quand nous aurons raclĂ© nos derniers raclements,Veuillez vous rappelez votre misĂ©ricorde. Nous ne demandons rien, refuge du pĂ©cheur,Que la derniĂšre place en votre Purgatoire,Pour pleurer longuement notre tragique histoire,Et contempler de loin votre jeune PĂ©guyQuoi, vous ne connaissez pas cette actualitĂ©! Alors rendez-vous ici!
Ce qui m'Ă©tonne, dit Dieu, c'est l'espĂ©rance. Et je n'en reviens pas. Cette petite espĂ©rance qui n'a l'air de rien du tout. Cette petite fille Car mes trois vertus, dit Dieu. Les trois vertus mes crĂ©atures. Mes filles mes enfants. Sont elles-mĂȘmes comme mes autres crĂ©atures. De la race des hommes. La Foi est une Ăpouse fidĂšle. La CharitĂ© est une MĂšre. Une mĂšre ardente, pleine de cĆur. Ou une sĆur aĂźnĂ©e qui est comme une mĂšre. L'EspĂ©rance est une petite fille de rien du tout. Qui est venue au monde le jour de NoĂ«l de l'annĂ©e derniĂšre. Qui joue encore avec le bonhomme Janvier. Avec ses petits sapins en bois d'Allemagne couverts de givre peint. Et avec son bĆuf et son Ăąne en bois d'Allemagne. Peints. Et avec sa crĂšche pleine de paille que les bĂȘtes ne mangent pas. Puisqu'elles sont en bois. C'est cette petite fille pourtant qui traversera les mondes. Cette petite fille de rien du seule, portant les autres, qui traversera les mondes rĂ©volus.[...]Mais l'espĂ©rance ne va pas de soi. L'espĂ©rance neva pas toute seule. Pour espĂ©rer, mon enfant, il faut ĂȘtre bien heureux, il faut avoir obtenu,reçu une grande grĂące.[...] La petite espĂ©rance s'avance entre ses deux gran- des sĆurs et on ne prend pas seulement garde Ă elle. Sur le chemin du salut, sur le chemin charnel, sur le chemin raboteux du salut, sur la route inter- minable, sur la route entre ses deux sĆurs la petite espĂ©rance S'avance. Entre ses deux grandes sĆurs. Celle qui est mariĂ©e. Et celle qui est mĂšre. Et l'on n'a d'attention, le peuple chrĂ©tien n'a d'attention que pour les deux grandes sĆurs. La premiĂšre et la derniĂšre. Qui vont au plus pressĂ©. Au temps prĂ©sent. Ă l'instant momentanĂ© qui passe. Le peuple chrĂ©tien ne voit que les deux grandes sĆurs, n'a de regard que pour les deux grandes sĆurs. Celle qui est Ă droite et celle qui est Ă gauche. Et il ne voit quasiment pas celle qui est au milieu. La petite, celle qui va encore Ă l'Ă©cole. Et qui marche. Perdue entre les jupes de ses sĆurs. Et il croit volontiers que ce sont les deux grandes qui traĂźnent la petite par la main. Au milieu. Entre les deux. Pour lui faire faire ce chemin raboteux du salut. Les aveugles qui ne voient pas au contraire. Que c'est elle au milieu qui entraĂźne ses grandes sĆurs. Et que sans elle elles ne seraient rien. Que deux femmes dĂ©jĂ ĂągĂ©es. Deux femmes d'un certain par la vie. C'est elle, cette petite, qui entraĂźne tout. Car la Foi ne voit que ce qui est. Et elle elle voit ce qui sera. La CharitĂ© n'aime que ce qui elle elle aime ce qui sera. La Foi voit ce qui est. Dans le Temps et dans l'ĂternitĂ©. L'EspĂ©rance voit ce qui sera. Dans le temps et dans l' ainsi dire le futur de l'Ă©ternitĂ© mĂȘme. La CharitĂ© aime ce qui est. Dans le Temps et dans l'ĂternitĂ©. Dieu et le prochain. Comme la Foi voit. Dieu et la crĂ©ation. Mais l'EspĂ©rance aime ce qui le temps et dans l' ainsi dire dans le futur de l'Ă©ternitĂ©. L'EspĂ©rance voit ce qui n'est pas encore et qui sera. Elle aime ce qui n'est pas encore et qui seraDans le futur du temps et de l'Ă©ternitĂ©. Sur le chemin montant, sablonneux, malaisĂ©. Sur la route montante. TraĂźnĂ©e, pendue aux bras de ses deux grandes sĆurs, Qui la tiennent pas la main, La petite espĂ©rance. S'avance. Et au milieu entre ses deux grandes sĆurs elle a l'air de se laisser traĂźner. Comme une enfant qui n'aurait pas la force de marcher. Et qu'on traĂźnerait sur cette route malgrĂ© elle. Et en rĂ©alitĂ© c'est elle qui fait marcher les deux autres. Et qui les traĂźne. Et qui fait marcher tout le monde. Et qui le on ne travaille jamais que pour les les deux grandes ne marchent que pour la PĂ©guy, Le Porche du mystĂšre de la deuxiĂšme vertu, 1912
la mort n est rien charles péguy