🏏 C Est L Histoire D Un Mec Texte
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cest l'histoire d'un mec.. Publié le 16/12/2010 à 19:58 par cuba80 Tags : histoire divers. voilà ..c'est l'histoire d'un mec .. tout au long des divers articles que je vais déposer je souhaite essayer de vous faire partager mes rires, mes larmes, mes pour, mes contres, mes ras le bol, mes coups de mes qualités.quelqu'un quelque part sait pourquoi
Cest l'histoire d'un le matin au boulot et qui rentre le soir.
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Cest l’histoire d’un mec January 2, 2013, 8:34 am: Search RSSing for similar articlesSearch RSSing for similar articles
Cest l'histoire d'un mec un peu bête qui voit un jour une petite annonce dans le journal : "Pour 100€, venez augmenter votre intelligence chez le professeur Duchmol." Ravi de cette opportunité, il se rend sur le champ chez le professeur et débourse ses 100€. Le professeur le fait monter dans sa machine et lui demande : "Quel niveau d'intelligence souhaiteriez-vous atteindre ? - Le
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C’est l’histoire d’un mec qui est sur le pont de l’Alma Et qui regarde dans l’eau, le mec » Structure : jusque là , on n’avait pu parcourir qu’un début excessivement vague d’ exposition. Maintenant, cette exposition se voit précisée de manière vague. On attend toujours qu’arrive un quelconque déclencheur, qu’il se passe enfin quelque chose
nleC. C’est l’histoire d’un type… C’est l’histoire d’un homme qui se promène dans une rue de Paris. Il va où ses pas le mènent, sans but précis. Il n’a rien à faire de sa journée. Sur le trottoir, venant vers lui, il voit un autre homme qui, tout en marchant, gesticule, rit, crie fort. Il se dit Tiens, quelqu’un de dérangé ; il parle tout seul croyant que personne ne l’entend. Il va se ressaisir en me croisant et m’adresser un sourire gêné ». L’homme se rapproche tout en continuant son manège. Alors notre homme s’aperçoit que l’autre a deux oreillettes fixées comme un stéthoscope et qu’il tient dans sa main un téléphone portable tout ce qu’il avait pris pour un comportement bizarre a une explication rationnelle. Cet homme, isolé du monde… communique avec un autre humain loin de là , qui peut-être, lui aussi, semble parler tout seul. Cet homme poursuit son chemin. Il fait bon se promener par ce bel après-midi de printemps. A une terrasse de café, il aperçoit un couple en grande conversation. Il sourit intérieurement, ça lui rappelle sa jeunesse. Que d’heures n’a-t-il passées à refaire le monde avec des amis ? Arrivé à la hauteur de ces deux tourtereaux, il constate que chacun des deux est en grande conversation au téléphone ! Ce qu’il avait naïvement pris pour un échange amical voire amoureux n’était en fin de compte qu’un face-à -face entre deux étrangers qui communiquaient, non pas entre eux mais avec deux autres étrangers. Il ne peut s’empêcher de penser que certains proverbes, comme les pièces de monnaie, ont leur revers ; par exemple Loin des yeux, près du cœur » qui, par les miracles de la technologie, peut aussi se décliner en Près des yeux, loin du cœur » ! Notre promeneur n’est pas au bout de ses surprises. Il parvient jusqu’à l’entrée d’un parc aux verdures hospitalières. S’y étant engagé, il cherche un banc tranquille où lire son journal. L’ayant trouvé, il s’installe et commence à somnoler, bercé par les piaillements sympathiques des enfants s’ébattant dans un bac à sable voisin. A ce moment, il entend une voix de femme, probablement d’un certain âge, qui adresse des reproches à quelqu’un qu’il ne voit pas. Espèce de garnement ! Tu as vu ce que tu as fait ? Oh le méchant, le sale, je te l’avais pourtant interdit ». Pauvre gosse, se dit notre homme, il dérouille, c’est sa fête. C’est alors que la vieille dame apparaît tenant en main une laisse, et au bout, une espèce de petit chien bâtard qui lève vers elle des yeux étonnés et qui attendriraient le pire bourreau. Drôle de couple où la maîtresse entretient probablement toute la journée un dialogue imaginaire avec cette petite créature qui comble sa solitude. Chacun a besoin de l’autre la maîtresse d’une compagnie, le chien de nourriture et de caresses. Ça vaut bien de temps en temps quelques remontrances que, du reste, il ne comprend pas et qui ne sont pas bien méchantes. Pas de quoi alerter la SPA ! Bon ! Se dit notre bonhomme. Continuons notre promenade. Il sort du parc et déambule sur le trottoir assez large à cet endroit. Les gens vont et viennent, très affairés semble-t-il. Ils se croisent en s’ignorant, l’oreille souvent vissée au sacro-saint dieu portatif qu’est devenu le portable. Des propos, sans aucun doute essentiels, s’échangent ainsi dans l’éther parisien, du genre T’es où ? Je vais être en retard. Ça s’est bien réchauffé aujourd’hui. Alors, je lui ai dit. Il m’a répondu. Y’a un clodo par terre, tu verrais sa dégaine ». Justement, le clodo est assis à même le trottoir. A côté de lui, un gros chien berger assoupi qui, de temps en temps, dresse une oreille, ouvre un œil. De l’autre côté, une sorte de paquetage, style sac Tati, bourré d’effets dont on devine que c’est là tout l’univers de ce malheureux. Une bouteille de vin entamée, une sorte de béret en guise de sébile avec quelques petites pièces jaunes au fond. Quel âge peut-il avoir ? Il paraît la soixantaine, mais ça doit être beaucoup moins ; on sait que l’espérance de vie des SDF est beaucoup plus courte que la nôtre, nous qui vivons bien à l’abri dans les appartements d’immeubles cossus équipés de digicodes et d’interphones au cas où il viendrait à l’idée des clodos de frapper à nos portes blindées et closes. Closes et blindées comme nous le sommes nous-mêmes face à la misère étalée impudiquement sur les beaux trottoirs parisiens. C’est indécent, c’est énervant à la fin ! Soudain il revient à notre promeneur les paroles d’une triste chanson qui accompagnait un film de son enfance. Le film, c’était Ma pomme » 1950 ; réalisateur Marc-Gilbert Sauvajon, avec Maurice Chevalier et Sophie Desmarets. La chanson, de Maurice Chevalier, c’était Clodo sérénade ». Le promeneur se rappelle ce refrain lancinant Clodo sérénade / C’est la voix des clochards de minuit / Clodo sérénade / C’est le chant des mouisards sous la pluie / Tous ceux que la déveine a toujours poursuivis / S’en vont d’un pas qui traîne au hasard de la nuit / Clodo sérénade / C’est le chant du pavé de Paris. [ Bah ! se dit notre homme. C’est quand même quelque chose d’étrange que ce monde. On nous rebat les oreilles des progrès incessants de la technologie. On a inventé des moyens de communication inimaginables il y a encore cinquante ans transports, internet avec toutes ses facettes, des courriels à Facebook, des myriades d’applications plus performantes les unes que les autres, la géolocalisation, le GPS, la domotique, webcam, visio-conférences, etc. Et pourtant, toutes ces personnes que je croise sur mon chemin sont enfermées dans leur monde, un monde où je n’ai pas d’accès. Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Bien. Mais c’est quoi, c’est qui mon prochain ? Celui qui m’est proche physiquement ? Celui qui est proche de mon cœur, de mes valeurs ? Prochain, cela signifie-t-il que ce n’est pas celui que j’ai immédiatement sous les yeux, mais le prochain qui se présentera ? Comme moi-même ». Vraiment, est-ce possible ? Dans ce monde d’égos inégaux comment aimer celui qui, finalement, m’apparaît comme un concurrent à éliminer ? Dans cette course permanente vers des désirs inassouvis, comment communiquer ? J’ai l’impression que les vases communicants de mon enfance communiquent mieux que les humains d’aujourd’hui. Mais ce ne sont que des vases, des récipients. Et nous, de qui sommes-nous les récipients, les récipiendaires ? Je sens, se dit notre bonhomme, que ce soir je ne vais pas rentrer chez moi où rien ni personne ne m’attend. Je vais aller à la rencontre d’humains et de leurs misères. C’est l’histoire d’un type, l’histoire d’un mec de Coluche, normal, pas juif, pas noir, pas suisse, pas arabe, etc. Un homme qui n’est rien de tout cela et tout cela à la fois.
Vous la connaissez, non ? Non dîtes le parce quand les gens la connaissent après on à l'air d'un con, alors. Parce qu'y a les... non ! Par exemple heu y'a les histoires heu, alors le mec par exemple heu, par exemple alors y... non, c'est un exemple. Ou alors heu... par exemple parce que si vous voulez y'a des fois c'est l'histoire d'un mec comme ça qui.... un mec tout ça heu... mais là non. Non, là c'est... l'histoire d'un mec. Mais un mec heu, pas.... non, je un... normal quoi, j'veux dire... un blanc quoi, j'veux dire. Ah non, parce que si vous voulez y'a des mecs, moi je... parce bon... ça depend des mecs. Si vous voulez parce que par exemple heu parce que dans les histoires t'as 2 genres de mecs. Ben ouais. Alors par exemple genre le mec heu "oui heu, moi heu, oui heu, tout ça heu, oui heu, tout ça le mec heu oui heu tout ça", le mec. Et puis y'a les mecs "non, moi non heu... non non, non non" le mec, le mec y dit "non, ben non heu". Alors on leur dit - Mais y'a des fois on est obligés ! - Non, non Là c'est plutôt un mec heu non, le mec. Mais normal hein j'veux dire, pas... un juif. Ah non parce que non si vous voulez non parce que par exemple parce que y'a 2 genres d'histoires aussi. Parce que y'a les histoires par exemple où c'est plus rigolo quand c'est un juif. Si on est pas juif hein. Ah ben oui faut un minimum. Et puis par exemple t'as les histoires c'est plus rigolo quand c'est un Belge. Si, si on est Suisse. Et puis le contraire, si c'est un Suisse quand on est Belge. Parce que les Belges et les Suisses c'est les 2 seuls qui se rendent pas compte qu'en fait c'est pareil. Mais c'est normal hein, c'est à cause de la distance qui les sépare, alors ils se disent "tu parles, c'est sûrement pas pareil" les mecs ils se disent ça, t'sais les mecs, mais ils se gourrent heu... Non, admettons par exemple on rencontre un... vrai con en Suisse... c'est un belge. Mais dans l'ensemble ça valait pas l'coup de faire 2 pays rien que pour ça hein. Ils auraient pût se démerder hein. Enfin moi je dis ça je m'en fous hein, je suis ni Belge, ni Suisse, ni juif alors... je suis normal. Alors heu... alors là le mec heu normal aussi. Alors le mec... attends parce que vous allez vous fendre la gueule après. Non, non, j'vous dirais, j'vous dirais. Alors heu... Mais si on préfère que ce soit un Suisse j'm'en fous hein. Ah moi j'veux pas m'engueuler avec les gens hein. Non, y'a quand même moins d'étrangers que de racistes en France hein. Non j'veux dire si j'ai l'choix j'aime autant m'engueuler avec les moins nombreux quoi. Bon alors un Suisse, oh la la, pfeuu, j'men fous moi. Mais en tous cas c'est pas un noir le mec. D'abord parce qu'il y a pas de raisons que ça soient toujours les mêmes qui dérouillent. Et puis deuxièmement si c'est un noir c'est facile. Un noir. Non parce qu'un Belge et un Suisse on peut s'gourrer mais un noir... On les appelle comme ça exprès nous d'ailleurs. Ouais mais ils le font pas méchament la plupart. Non parce qu'on dit heu par exemple parce que nous on est, si vous voulez quand, parce qu'on, par exemple j'veux dire on, mais... tout petits déjà . Et des fois même leurs parents. Ouais pas tous m'enfin la plupart quand même. Alors là le mec heu, non là , normal, le mec. Ah ouais parce que non, si vous voulez parce que non, parce que c'est l'histoire d'un mec bon d'accord, si on veut, mais c'est l'histoire d'un mec qu'est sur l'pont d'l'Alma le mec. Et c'est l'histoire d'un mec qu'est sur l'pont d'l'Alma bon d'accord, si on veut, mais c'est l'histoire d'un mec qu'est sur l'pont d'l'Alma et qui regarde dans l'eau, le mec. Pas con le mec hein. Ah ouais parce que moi j'l'croyais pas ben j'ai été voir et ben c'est vrai hein. Les mecs sur l'pont d'l'Alma y regardent même pas dans l'eau hein. Les mecs y passent tous les jours heu sur l'pont d'l'Alma hein et ben... y'aurais pas d'eau dessous, passeraient quand même. C'est con parce que nous on passe sur les ponts à cause qu'y a d'l'eau dessous hein. On irait pas faire un détour hein tu parles. Alors les mecs y disent "ah ben on sait pas où passe notre pognon" ils regardent pas alors. Alors le mec y regarde tout ça puis ça l'interresse tout ça, bon. Alors au bout d'une demie heure, ouais parce que normalement l'histoire ça dure une demie heure mais moi j'abrège. Alors au bout d'une demie heure y'a un autre mec qu'arrive, normal aussi hein le mec, blanc. Il arrive et alors qu'est ce qu'il voit, il voit un mec qu'est là depuis une demie heure dis donc et qui regarde dans l'eau le mec hé ! Parce que lui là , j'veux dire le mec, bon... bon, et... l'autre si vous voulez parce que... maintenant y'a 2 mecs. Non prenez des notes hein parce que j'vais pas répéter hein. Alors il s'approche et puis il dit "heu dites donc heu ouais..." le mec comme ça t'sais, comme ça "et qu'est ce que vous faites a regarder dans l'eau y lui dit" le mec, au Suisse. Alors l'autre y dit "ah ben j'suis emmerdé parce que j'ai laissais tomber mes lunettes dans la Loire." Parce que le pont d'l'Alma c'est sur la Seine. Ah ça si on sait pas on comprend que dalle hein. Ouais, ouais, à c't'endroit là c'est la Seine. Alors, justement parce que c'est pour ça qu'elle est rigolote l'histoire en fait. Alors heu, alors le mec, alors parce que l'autre y dit "j'ai laissé tomber mes lunettes dans la..." faut quand même pas prendre les Suisses que pour des cons. Non, y'a des belges dans l'tas. Alors, alors le mec, parce que quand même y dit "j'ai laissé tomber mes lunettes..." alors l'autre y dit "eh oh hé ! ouah" il lui dit comme ça t'sais, comme ça t'sais, comme ça t'sais "eh c'est pas la Loire c'est la Seine hé !" Elle est rigolote hein ? Non mais elle est pas finite là . Ouais, ouais, parce que déjà là elle est marrante mais après... attends, attends, attends, alors le mec parce que l'autre y dit "c'est pas la Loire c'est la Seine" bon tout ça, il est con. Alors, attends, alors l'autre il lui dit "oh ben vous savez moi sans mes lunettes !" Elle est rigolote hein ?
Inès a vécu un cataclysme il y a un mois son appartement a pris feu. Elle a tout perdu, mais elle a gagné beaucoup… Par La Rédaction Je commence à peine à me déshabiller qu’on sonne à la porte »Je vis seule avec mes deux fils, de 11 et 13 ans, et je suis nulle en organisation. J’ai la sensation d’être constamment débordée. Ce dimanche-là , les enfants ont le droit de jouer au foot pendant une heure devant l’immeuble Mais vous me laissez tranquille, vous ne remontez pas dans dix minutes.» Voilà , j’ai enfin le temps de m’occuper un peu de moi. Je fais couler un bain et, rien qu’à l’idée de m’y plonger, j’exulte ! Je commence à peine à me déshabiller qu’on sonne à la porte. Oh non! pitié, foutez-moi la paix ! J’hésite à répondre, mais si un des garçons s’était fait mal ? Exaspérée, je sors de la salle de bains, et là , la catastrophe. L’appartement est complètement enfumé, on n’y voit rien, mes yeux me piquent, c’est atroce. De ma chambre sortent des flammes. Maman, y a le feu ! » Mon premier réflexe ? Aller chercher un verre d’eau pour éteindre tout ça! Ridicule, d’accord, mais je ne suis plus tout à fait moi-même. J’attrape mon portable et je sors précipitamment. Sur le palier, mon fils aîné est tétanisé Maman, y a le feu ! » Je le prends par le bras et hurle dans la cage d’escalier Evacuez, évacuez, mon appartement brûle! » J’appelle les pompiers et… je me mets à trembler, à trembler tellement que je n’arrive pas à tenir sur mes jambes. En bas, mon plus jeune fils me regarde, effrayé, et hurle à son tour Les cochons d’Inde! Ils sont restés là -bas. » Ni une ni deux, sans réfléchir, je remonte. La fumée est encore plus dense, et puis cette odeur… Je cours comme une folle vers la cuisine, attrape la cage et redescends les marches quatre à quatre. Je me souviens vaguement de l’arrivée des pompiers. Vaguement de m’être assise par terre sans pouvoir prononcer un mot. Je suis simplement hagarde, les yeux rivés là -haut, sur mon appartement qui est en feu. Et puis Zora et Colette s’approchent » Peu à peu, je reprends mes esprits. Je répète sans arrêt Je suis désolée, je suis désolée… » A qui ? Aux pompiers qui s’activent, aux voisins qui me réconfortent, aux enfants qui pleurent. Et puis Zora et Colette s’approchent. Je les connais un peu, elles habitent le HLM à côté du mien. On se dit toujours bonjour », on se sourit, mais ça n’a jamais été plus loin. Je sais qu’elles ont des enfants de l’âge des miens et puis… c’est tout. Zora me prend la main, Colette me tend un mouchoir et me dit Essuyez-vous, vous avez le visage tout noir. » Elles me disent de les attendre, qu’elles reviennent tout de minutes plus tard, chacune apporte un sac bourré d’affaires pour mes fils des T-shirts, des shorts, une quantité astronomique de chaussettes, des baskets, et puis des cahiers, des crayons pour qu’ils n’arrivent pas sans rien à l’école demain », me précisent-elles. Je les regarde, ces deux femmes, si différentes de moi, pour qui je ne suis rien et qui trouvent si naturel de me rendre service. Leur visage, à ce moment précis, je ne suis pas près de l’oublier. Ma soeur, que j’ai avertie, arrive, ne veut plus que je regarde les pompiers jeter par la fenêtre les débris de ce qui semble être ma commode et mes tapis. Viens, Inès, on s’en va. » Il faut, pour mes enfants en tout cas, que la vie continue »Le lendemain, lorsque je retourne à l’appartement, je comprends qu’il n’y a rien à sauver. Plus de photos, plus de souvenirs. Rien. Tout est noir, calciné, avec cette odeur effrayante dont je n’arriverai pas à me débarrasser avant longtemps. Un pompier m’a dit que mon portable est peut-être la cause de tout ça. Un court-circuit pendant qu’il chargeait. On n’est sûr de rien. Ce qui est certain, c’est qu’il ne faut pas s’effondrer. Il faut, pour mes enfants en tout cas, que la vie continue. Ce matin-là , devant le collège, la mère d’un élève me tend la main Vous êtes Inès ? Je suis la responsable des parents d’élèves, Sophie. » Elle me fait l’effet d’une superwoman. En deux minutes, elle me demande mon numéro de portable et ce dont j’ai besoin dans l’immédiat. Sophie, l’efficace Sophie, je ne la connaissais pas et elle sera ma sauveuse ». Dès le lendemain, elle envoie à tous les parents un e-mail collectif qui raconte mon histoire et demande de l’aide. Je reçois des textos Besoin d’une machine à laver ? », On me propose des couvertures, tu en as ? », Tes enfants chaussent du combien ? » J’ai la sensation que Sophie ne fait plus que ça, que tout son temps est consacré à ma petite personne. Le temps, c’est ça qui m’impressionne le plus, que ces bons Samaritains », comme je les appelle, en aient tant perdu pour moi. Quinze jours plus tard, la mairie de ma ville m’a relogée »Quinze jours plus tard, la mairie de ma ville m’a relogée. J’ai à peu près tout ce dont j’ai besoin, même plus qu’avant ! Les parents d’élèves se sont donné le mot. Il a même fallu refuser des tas de choses, et, je peux vous le dire, c’est dur de dire non » à ces gens qui m’offrent des vêtements en pagaille, des casseroles à ne plus savoir qu’en faire ; c’est quelque chose que j’ai dû apprendre et qui n’est pas si facile. Apprendre aussi à remercier avec enthousiasme quand on est épuisé, apprendre à accepter tout simplement cette incroyable solidarité. Un jour, j’en ai parlé à Sophie, qui a balayé tout ça d’un revers de la main Les gens sont heureux d’aider. Ça ne leur arrive plus jamais, laisse-les faire. Au fond, c’est à eux que tu rends service. » Mes voisins chinois sont arrivés, eux, avec une télévision énorme, le truc impossible à mettre dans mon nouveau salon, plus petit que le précédent. J’ai dû le leur dire. Ils l’ont rembarqué en disant Pas de problème, mais comme on en a deux, on a pensé… » J’en aurais pleuré. J’ai parfois cette drôle d’impression que, dès que j’ai besoin de quelque chose, un voisin, un ami ou la mère d’un enfant de l’école me l’apporte. On a passé l’après-midi ensemble, toutes les trois »Puis Colette et Zora sont revenues me voir, un peu gênées. Elles avaient à la main une grosse enveloppe. Voilà , m’ont-elles dit, on a fait tous les soirs une collecte dans la rue, après le boulot. Il y a six cents euros, les gens ont été vraiment sympas. » Quoi ? Elles ont fait du porte-à -porte dans toute la rue ? Elles ont dix fois, cent fois raconté mon histoire ? Qu’est-ce que je pouvais bien leur dire, à ces femmes qui n’étaient même pas mes amies. Eh bien… que je ne savais pas quoi leur dire. On a mérité un café », a lancé Zora, et on a passé l’après-midi ensemble, toutes les trois, comme si on se connaissait depuis toujours. Mes fils ont débarqué de l’école avec des pièces plein les poches. Tous leurs petits camarades avaient cassé leur tirelire et donné un ou deux euros. Cette histoire les a chamboulés. Eux qui, je le sais, ont toujours eu comme un sentiment d’insécurité parce que leur père n’est pas là , parce qu’on n’a pas beaucoup d’argent, ils réalisent qu’on n’est pas seuls et que, dans l’adversité, on peut toujours compter sur les autres. Si je ne le leur avais jamais dit, c’est que je ne le savais pas moi-même avant cet incendie. Je ne savais pas que fraternité » ce n’est pas juste un mot un peu galvaudé qu’on lit sur le fronton des mairies. Que solidarité » a un sens pour beaucoup plus de gens qu’on ne le croit. Mon aîné répète qu’il m’a sauvée. Le cadet, qu’il a sauvé les cochons d’Inde. Ils sont fiers. Je ferme les yeux et je repense à ce mois de folie »Allongée sur mon lit, j’écoute le ronronnement de la machine à laver presque neuve dont j’ai hérité, je ferme les yeux et je repense à ce mois de folie. Ce mois où j’ai admiré mes amis, où j’en ai découvert d’autres, et je me pose toujours cette question Et moi, j’aurais fait quoi si cette catastrophe était arrivée à une voisine ? » Je veux croire que j’aurais été tout aussi disponible, tout aussi dévouée. Aujourd’hui, même si c’est la crise, même si tout le monde râle, mes enfants et moi, on ne s’est jamais si peu inquiétés pour l’avenir.
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